Morceau d’été

lundi 26 décembre 2016
par  Envers
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Je t’ai à l’œil , mauvaise graine

Tu serpentes dans les pieds de thym

Fini le temps de ton sans gêne

Je te desherbe sans chagrin

Liserons , chardons trèfles et chiendent

Courent les plates bandes sans effort

Cachent les fraises des cris stridents

D’enfants découvrant un trésor

L’arbre est artiste et de pinceaux

Ses branches me gifflent d’écorchures

Du sang de fruit coule sur ma peau

A la saison des confitures

Cinq cents oiseaux que j’ai compté

Ont atterri dans mon Eden

Des plumes , des becs assoifés

Laissèrent un cerisier en peine

Quand un Andrew , un cyclone Franck

Soufflent vers moi la fée absinthe

Pas une seule porte ne flanque

Ou mon parquet dépose une plinthe

Silence profond dans la nuit noire

Une effraie chuinte dans le lointain

La plénitude est son terroir

Marque déposée de ses jardins

Une canicule insupportable

Abat le voile de sa torpeur

Les trois grands règnes alors s’accablent

Se jettent la faute avec candeur.


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