Voyages

lundi 26 décembre 2016
par  Envers
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Je m’enfuis , je vole et je plane

Comme un aigle ivre dans l’espace

Silence sublime , pas une seule âme

Vent froid cinglant , herbe de glace

Dans les steppes d’Asie centrale

Ou je voyage par la pensée

Mazeppa souffre sur son cheval

Poumons brûlants , galop secoué

Je me désire , je me fantasme

Dans une ville comme Singapour

J’écris des vers , nouvel Erasme

De pied en cap dans mes jodhpurs

Vers le Cap Horn , Afrique du Sud

Dans une maison coloniale

A l’étage où je fais l’étude

J’écoute la brousse , soeur animale

Dans les roseaux du grand Delta

En Basse Egypte à l’opposé

Je taille , je coupe et dans mes bras

Les papyri sont enroulés

La mer de Chine méridionale

M’accueille le temps d’un court séjour

Des porcelaines abyssales

D’une jonque remontent au jour

Et parcourant Hô Chi Minh-Ville

La mousson rafraîchit ma tête

Des chapeaux coniques y sont mille

Préparent en hâte la fête du Têt

Puis un élan humanitaire

M’envoie au fin fond de la Chine

Ballets de dos dans les rizières

J’ajoute le mien , je courbe l’échine

Dhoti du Dalai Lama

La même étoffe réchauffe mon corps

Au froid Tibet , dedans Lhassa

J’imprègne mes sens du Saint décor

Et dans le sud de ma France

Pour la visite de Cosquer

J’oublie mes peurs et l’ingérence

De cette expo à ciel couvert

Je me repose aux iles Marquises

Foule au couchant le sable fin

Les alizés soufflent en brise

Des effluves de doux parfums.


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